Le nombre de nos ancêtres
marchaldesalm, vendredi 09 juin 2006 - 18:00:00
Combien avons-nous d'ancêtres ?
Cette question n'offre aucune réponse possible, car l'ascendance de chacun de nous est une pyramide dont nous sommes la pointe et qui se poursuit jusqu'à l'infini.
Ainsi un enfant né en 2000 se retrouve avec huit arrière-grands-parents nés vers 1900, soixante-quatre aïeux nés vers 1800, cinq cent douze aïeux nés vers 1700, quatre mille quatre-vingt-seize aïeux nés vers 1600 et ainsi de suite. Il y a bien sûr les générations intermédiaires, ce qui veut dire que pour parvenir aux 4096 aïeux nés vers 1600, il convient de leur ajouter les 2 parents de l'enfant, ses 4 grands-parents, etc. Le total des ancêtres connus au niveau des 4096 est de ce fait 8190. Mais ces personnages avaient eux-mêmes des ancêtres et nous arrivons à plus d'un milliard de personnes sur la même ligne aux environs de l'an 1000 et un nombre à dix-neuf chiffres aux environs de l'an 1 de l'ère chrétienne.
Comment est-ce possible, alors que la population est estimée à cent soixante millions en l'an 1 et trois cent soixante millions en l'an 1000 ? Ce qui veut dire que chaque enfant né en l'an 2000 avait pour ancêtres en l'an 1000 trois fois la population mondiale de l'époque.
L'explication avancée par les démographes est que nos ancêtres étaient tous parents les uns des autres et qu'à un certain moment, la pyramide, au lieu d'avoir une forme d'entonnoir qui s'élargit, s'inverse et l'entonnoir prend une forme qui se resserre. Ceci est très logique et certainement parfaitement mathématique, seulement il n'existe aucun exemple connu où l'ascendance d'un personnage compte un nombre d'individus inférieur d'une génération à l'autre en remontant vers le passé. Même si l'on voulait considérer que tous les ancêtres étaient frères ou soeurs, le nombre minimum auquel on parvient serait égal à la génération postérieure, mais jamais inférieur. Un exemple fera mieux comprendre le sujet. Louis XIV avait épousé sa double cousine germaine, le père de l'un était frère de la mère de l'autre et vice-versa. Donc le Grand Dauphin, né de cette union avait bien deux parents, quatre grands-parents et quatre arrière-grands-parents au lieu de huit, mais quatre pas trois.
Ces considérations laissent de beaux jours aux chercheurs et aux rêveurs, car l'intérêt ultime de la recherche généalogique n'est-il pas de n'avoir pas de limites ?
Eric Marchal de Salm
Cet article est de Lorraine 3 Frontières L3FR
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