Etrange survivance d'un droit remontant au Moyen-Age
marchaldesalm, lundi 25 mars 2019 - 20:18:52
Etrange survivance d'un droit remontant au Moyen-Age
A Senon et Amel, deux petits villages de la Meuse, subsiste une étrange survivance d'un droit remontant au Moyen-Age.
En 1334 le comte de Bar, Edouard Ier avait soutenu dans sa lutte l'évêque de Verdun dont les droits étaient contestés par les bourgeois de sa ville. Les habitants de Senon et Amel s'étaient engagés aux côtés de leur seigneur. Pour les remercier, son petit-fils, Edouard II, donna à perpétuité le lundi 2 mai 1351 la propriété d'une forêt connue sous le nom de Bois du Raitaut de Pierville aux habitants de ces villages Elle leur appartient toujours sous le nom de communauté des Embagneux (ou Ambagneux, on trouve les deux orthographes) et le Bois est connu depuis plusieurs siècles sous ce nom. Pour faire partie de la communauté il faut réunir deux conditions, descendre d'un Embagneux le terme en est venu à désigner les membres de la corporation et habiter l'un ou l'autre des deux villages.
Si, dans les premiers siècles il n'existe pas de liste des noms des Embagneux car on se connaissait, la multiplicité des lignes entraîna la confection d'un registre, qui est toujours tenu à jour et mentionne le nom et la mention "Embagneux par son père, ou par sa mère". Ce registre est utile au généalogiste car il reconstitue toute la descendance sur place des ancêtres en vie au XIVème siècle.
La répartition se fait selon le droit médiéval, un Embagneux le devenant à la mort de son père ou de sa mère, car les filiations féminines sont à égalité avec les filiations masculines. On ne peut pas prétendre à plusieurs portions, même si on compte plusieurs ancêtres Embagneux. Au moment où une coupe de bois est vendue, le produit de la vente est réparti entre les Embagneux en vie à cette date. Rien ne s'oppose à ce qu'un héritier quitte ces deux villages, mais pour devenir Embagneux il doit venir y résider dès qu'il succède aux droits de son père ou de sa mère. Deux époux peuvent être Embagneux.
Il peut paraître bizarre que ce privilège n'ait pas été aboli par la révolution. La raison semble provenir de sa nature-même, puisqu'il s'agit de forêt communale et non pas d'un bien national.
Voir article d'un ancien journal :
[Lien]Cette chronique a été rédigée grâce aux éléments communiqués par Pascal GROSDIDIER, descendant d'Embagneux.
Eric Marchal de Salm
Cet article est de Lorraine 3 Frontières L3FR
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