Les communautés familiales.

marchaldesalm, samedi 15 juillet 2006 - 18:00:00

Bien que n'étant pas représentée en Lorraine ni en Alsace, il est intéressant d'évoquer cette curiosité généalogique qui était surtout implantée dans le Centre de la France et en Bourgogne.

Apparues dès le XIIème siècle, elles réunissaient "au même pot et même feu" les membres d'une même famille, dont la parenté était souvent ancienne.

Il s'agissait d'une communauté ou tous les membres étaient liés et obéissaient à un chef, nommé maître. Tous les biens étaient mis en commun et chacun était nommé comparsonnier, c'est-à-dire actionnaire selon les termes modernes. Quand un membre mourait, il n'y avait pas de droits de succession ni de biens à partager puisqu'il n'était propriétaire de rien en propre. Pour se marier on choisissait de préférence un conjoint également membre d'une communauté, et si on pouvait échanger une épouse d'une famille contre une de l'autre, il n'y avait pas de dot à verser. Pour la même raison les mariages étaient fréquents entre membres de la même communauté, sans pour autant qu'il y ait besoin de dispense de parenté, car les liens familiaux étaient souvent éloignés.

Pour marquer l'indépendance de la communauté à l'égard du pouvoir seigneurial, on avait un pigeonnier. La maison principale de la communauté était composée d'un rez-de-chaussée, constitué d'une grande pièce avec deux cheminées, d'un four à cuire le pain, d'un tonneau à lessive en pierre et d'un puit. Un ensemble de chambres est desservi par un corridor. Chacune d'elles comporte deux lits ou trois (selon le nombre d'enfants), un coffre, une armoire en chêne, une table, deux sièges et fort peu d'ustensiles. D'autres bâtiments servent à l'exploitation.

La communauté était dirigée par un "maître de communauté". Aux origines, ce droit était transmis de père en fils, mais par la suite ce "maître" fut élu par les autres membres. Il avait la responsabilité entre autre de répartir les différents travaux agricoles. Il se chargeait surtout du commerce extérieur à la communauté. Sa femme, qui portait le titre de maîtresse, organisait la vie domestique.

En règle générale, seuls les hommes transmettaient le droit à être membre d'une communauté. Il existe cependant des exemples connus où les gendres avaient été admis. J'ai trouvé mention en 1688 d'un Lazare ALEXANDRE qui est nommé indifféremment maître de sa communauté ou chef de la communauté des PERRIN, sa femme étant une PERRIN, ceci dans la région d'Autun (actuellement 71).

La dernière communauté familiale, celles des JAULT, fut dissoute en 1847. On estime qu'elle avait été constituée vers 1480.

Il est particulièrement complexe de reconstituer la généalogie de ces familles, car on se mariait entre soi, on vivait au même endroit, il n'y avait pas de contrats de mariage ni de partages de biens ou inventaires après décès. Et la liste des prénoms était limitée, donc il y avait de nombreux homonymes.

Eric Marchal de Salm



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