La Légion d’Honneur du caporal BARBA.

marchaldesalm, mercredi 09 mai 2007 - 18:00:00


La Légion d’Honneur du caporal BARBA.




François Joseph BARBA, né à Gorze (57) en 1834 était le plus jeune de six garçons ; l’aîné, de vingt-huit ans plus âgé fut maître d’armes ou plus précisément "maître de pointe et contre-pointe".

A dix-neuf ans Joseph s’engagea volontairement pour sept ans au 24° de ligne alors cantonné à Mézières. Son régiment changea souvent de garnison, il le suivit comme fusilier pendant cinq ans puis comme voltigeur. En 1856 il passa caporal. Son régiment parti en Algérie en 1859 prit part dans la colonne commandée par le général de MARTIMPREY. Le 31 août 1859 le caporal BARBA fut ramassé blessé à la bataille de Sidi-Zaher. Mais c’était un blessé peu ordinaire, il portait sur le corps deux coups de feu, un coup de sabre, un coup de baïonnette et trois coups de yatagan. Sa convalescence fut longue, mais il guérit.

Sa courageuse conduite méritait une insigne récompense. Par décret impérial du 8 décembre 1859, la Médaille Militaire lui fut décernée. En 1861, son engagement expiré, le caporal s’en revint à Gorze.

Trois mois après son retour il épousa une fille du pays qui rendit BARBA papa d’un garçon en 1862. A la suite de la défaite de 1870, l’option pour la France était possible jusqu’à 1872. Il se décida à rester à Gorze, son pays natal où se trouvait tout son bien, il avait alors trente-huit ans et trois enfants. Il devait avoir en tout trois fils et deux filles. Les autorités allemandes lui permirent de continuer à porter sa Médaille Militaire et il en perçut le traitement annuel de cent francs. Lorsque la guerre de 1914 éclata, l’ancien caporal ne fut pas inquiété, un seul de ses fils fut interné en Allemagne pendant un an, le plus jeune avait alors quarante-cinq ans. Il perdit sa femme en 1916 et après la guerre se retira chez un de ses fils puis chez une de ses filles. Pendant cinquante ans il fut conseiller municipal et à plusieurs reprises adjoint au maire de Gorze.

Le 1° janvier 1929 la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur lui annonça qu’il était fait chevalier de cet ordre. La croix lui fut remise, sur sa demande par le général HIRSCHAUER. Il avait alors quatre-vingt-quinze ans. A un journaliste venu trinquer avec lui qui lui dit son espoir de revenir pour son centenaire, il répondit avec malice : "volontiers, si vous vivez encore !" Malheureusement il s’éteignit trois ans plus tard, doyen des décorés de la Légion d’Honneur et de la Médaille Militaire.

Sa mémoire est restée présente, notamment parmi ses descendants, dont son arrière-petite-fille Marie-Claire BRIANÇON qui a transmis les éléments nécessaires à la rédaction de cette notice.




Eric Marchal de Salm





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