Les grandes lignes de l’histoire de la Lorraine (1).
Région historique dont l’origine ne remonte qu’au IX° siècle, la Lorraine était peuplée, à l’époque celtique, par les Médiomatrices au Nord et les Leuces au Sud. Ses principaux centres, dans la Gaule romaine, furent Divodurum (Metz) et Tullum (Toul). Cette région, qui faisait partie de la Belgique I°, fut occupée par les Alamans, puis, dès la fin du V° siècle, par les Francs ; à l’époque mérovingienne, elle était comprise dans le royaume d’Austrasie. La Lorraine conserve en son nom (en allemand Lothringen) le souvenir du royaume de Lotharingie, créé pour Lothaire au traité de Verdun en 843. Au traité de Mersen en 870, la Lorraine fut partagée entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, le cours de la Moselle constituant la frontière entre les deux états. Mais le traité de Ribemont en 880 attribua tout le pays au royaume des Francs orientaux, c’est-à-dire à la Germanie. Au début du X° siècle, la Lotharingie ou Lorraine englobait des territoires beaucoup plus vastes que ceux de la Lorraine actuelle : outre celle-ci, toute l’actuelle Belgique wallonne, les Pays-Bas, la Frise et la rive gauche du Rhin.
Le duché de Lorraine :
Sous les derniers Carolingiens d’Allemagne, la Lotharingie jouit d’une large indépendance, et, avec Gislebert, qui fit reconnaître son titre ducal par Henri I° l’Oiseleur en 928, elle constitua un véritable duché national. Othon I° le Grand mit fin à cette autonomie par sa victoire d’Andernach en 939, et la Lotharingie devint une véritable province impériale. Donnée en 953 à Bruno, archevêque de Cologne, frère d’Othon le Grand, elle fut partagée en 959 en deux duchés :
Au Nord, la Basse-Lorraine ou Lothier, qui comprenait les Pays-Bas actuels et presque tout le pays situé entre l’Escaut et le Rhin, au Nord d’une ligne Andernach-Bouillon-Cambrai. Cette Basse-Lorraine, donnée en 977 par Othon II au prince carolingien Charles de France, second fils de Louis d’Outremer, fut transférée en 1012 au comte d’Ardenne et de Verdun, Godefroi I°, et resta durant tout le XI° siècle à la Maison d’Ardenne, qui servit l’Empire avec fidélité. Le dernier duc de cette Maison fut Godefroi de Bouillon, chef de la première croisade. Son départ pour la Terre Sainte en 1096 accéléra le processus de morcellement territorial qui déjà se manifestait dans tout le Lothier. L’Empereur Henri V tenta de restaurer l’autorité ducale en confiant celle-ci aux comtes de Louvain en 1106. Cependant, à la fin du XII° siècle, le Lothier s’était définitivement désagrégé en principautés indépendantes, dont les plus importantes étaient les duchés de Brabant et le Limbourg, le marquisat de Namur, le comté de Hainaut et le comté de Hollande.
à suivre …
Source : dictionnaire encyclopédique d’histoire MOURRE, édition de 1996.
Eric Marchal de Salm
( https://l3fr.org/l3fr/e107_plugins/content/content.php?content.203 )