Historique de Romagne sous les Côtes F-55

lorraine3frontieres, vendredi 26 mai 2006 - 18:00:00

Romagne sous les Côtes

55150 Meuse Historique

par André NIZARD dimanche 13 mars 2005 - 18:45:06


1. Origines :

A. Origines gauloises et gallo-romaines :

Au lieu dit le Châtel, sur la côte, on pouvait encore reconnaître en 1863 l'emplacement d'un ancien camp fortifié. Sa position était de l'est à l'ouest, la pente de l'escarpe sur Romagne. Le gisement de ses resauts, énormes bancs de calcaire et d'argile, qui se brisent l'un sur l'autre, sous un angle de 45°, tout accusait une munition défensive, de premier ordre, contre une aggression débouchant de Longuyon sur Verdun, ou de Metz sur Dun. Ce camp doit se rattacher au sanglant souvenir de la veuve de Sigébert Ier (566 à 613), cette fameuse Brunehault, dont le nom est encore porté par le bois d'entre Mangiennes, Pilon et Nouillonpont. Son souvenir se rattache encore au chemin dit de la Reine Blanche, ancien Keim et voie ferrée, qui traverse le territoire de l'est à l'ouest. Ce chemin monte, puis redescend, au flanc droit de l'ancien camp. On y a découvert en 1872 une monnaie gauloise en or du type le cheval de course, déposée au musée de Verdun. On a trouvé une pièce romaine en or sur la Côte de Morimont dans les années 65, 70. Elle est conservée au musée de la Princerie à Verdun. M Patrick Nizard a trouvé cette pièce. C'est un enseignant sur Paris ;

B. Fondation du village :

De nombreux vestiges d'Etain à Pillon ont attesté le séjour des colonies romaines dans le bassin de l'Othain. Elles y ont été remplacées par des colonies militaires austrasiennes répandues de Metz à Reims, par la
Woevre et par l'argonne et puis à mesure que se sont consolidées les vases glaiseuses de Mangiennes et de Billy, ces colons ont été suivis par les pionniers des couvents tréviriens de Saint Hilaire et de Saint Maximin, et par la colonie de Metloch, laquelle a endigué les eaux de la Thinte et fondé Damvillers. Après eux, encore, le nouveau sol fut départi pour la fondation de quelques autels rustiques, puis s'élevèrent quelques églises. Celle de Romagne fut des plus anciennes. Son autel, ensemble ceux de Ville, de Orne, de Loupmont, de Pillon, Aix, Affléville, Gondrecourt, furent compris dans la concession qu'en fit, par sa charte de 1046, l'évêque Thiéry, à l'abbaye de Saint Maur de Verdun. Romange figure également dans la bulle de 1049, donnée par le pape Léon X, pour la spécification des terres et églises du même couvent. Cette bulle énumère aussi, au profit du même monastère, les localités voisines : Ville, Chaumont, Azannes,
Pilon.

2. Les habitants :

A. Productions locales :

Le vin de la côte Saint Pierre est d'une qualité exceptionnelle pour le pays. Il a beaucoup de ressemblance avec celui de bar, mais il est plus corsé et assez capiteux. Professions les plus habituelles : cultivateurs,
manœuvres, vignerons, bûcherons, tuiliers.

B. Les maires :

Nom des maires :

- an 8 : F. Cochenet

- vers 1800 : Jacques Nizard

- 1812 : CL. Lecomte

- 1815 : P. Ch. Gilles

- 1823 : jean jacques Nizard (né en 1778, père du suivant)

- 1833 : J. N. Gilles

- 1837 : J.J. Nizard

- 1848 : Jacq. Gilles

- 1852 : P. Ch. Nizard (encore en fonction en 1863)

Né en 1817, P. Ch. Nizard, décédé le 13/04/1890, ou le 23/07/1890. La commune lui doit toutes ses améliorations : construction d'une école des filles, établissement d'un nouveau cimetière, édification d'une des plus belles fontaines du département dont l'eau est amenée d'une côte voisine par une canalisation de plusieurs kilomètres, restauration du presbytère et surtout de la vieille église paroissiale, exécutée avec un goût parfait et une véritable habileté architecturale. (d'après " la semaine sainte religieuse de Verdun " du 30/7/1890, un samedi)

- 1871 : Hemard Jean Pierre

- 1874 : Nizard Pierre Charles

- 1881 : Nizard

- 1890 : Dausson Joseph

- 1892 : Datry-Beauzée Jean Nicolas

- 1893 : Gérard Charles Emile

- 1896 : Gérard (adj Cochenet)

- 1908 : Josset Jules Christophe

- 1910 : Hemard Alexandre

- 1912 : Nizard Louis- 1920 : Hemard Lucien

- 1921 : Gaude Louis

- 1925 : Nizard Louis

- 1926 : Nizard Henri

- 1932 : Louis Eugène secrétaire de mairie

- 1934 : décès de Nizard Henri. Lamorlette Charles (adj) remplace le maire

- 1935 : Nizard Jean Louis

- 1940 : Guerre. Humblet Florentin (adj). Délégation : président : Humblet, Marchal Emile et Juillet Georges

- Mars 1945 : reconstitution du conseil municipal. Mme Nizard Mariette première conseillère. Elle remplace son mari qui est en captivité

- 18 mai 1945 / Nizard Jean Louis, retour de captivité. Réélu en 47, 53, 54.

- Mai 1964 : Chollet Jean

- Mars 1965 : Gincre Jean

- Sept 1966 : Michel Paul

- 1972 : Michel Paul (adj. Georges Denis)

- Mai 1972 : Louis Edmond

- mars 1983 : Michel Paul

C. instituteurs :

Instits en 1972 : M et Mme Delmas.

En 1896 : Putiot pour les garçons et sœur Pessez pour les filles.

En 1881 : Gillet pour les garçons, et la sœur pour le filles (idem 1896)

En 1999-2000 : Mme Delhaise et M Jacquemot

D. Démographie :

Nombres d'habitants :

- 1726 : 55 feux

- 1804 : 604 habitants

- 1836 : 695 habitants

- 1846 : 719 habitants

- 1853 : 746 habitants (et 188 maisons)

- 1856 : 643 habitants

- 1862 : 666 habitants

- 1881 : 544 habitants

- 1896 : 448 habitants

- 1968 : 206 habitants

E. Remarques particulières sur l'histoire de Romagne :

En juillet 1992, la boulangerie industrielle (18 fours, un quai de déchargement, une arrivée de voie) qui approvisionnait le front allemand en pain, fut rasée à Romagne sous les Côtes. Il n'en reste aujourd'hui aucune trace. 1790-1800 : Romagne est chef lieu de canton dans le district d'Etain.174 maisons en 1914Village occupé par l'armée allemande au cours de la première guerre mondiale. Là vécurent 18 000 hommes. On y construisit des lignes de chemin de fer pour approvisionner le front de Verdun, une boulangerie industrielle, des sapes dans la côte, laquelle était couronnée d'un réseau de tranchées et de fils barbelés (ligne Brunehilde). Dégâts 1940 : explosion d'un V1 dans la prairie de Romagne.

3. L'église de Romagne :

A. Spirituel :

Abbaye suzeraine : Saint Maur de Verdun

Prieuré : Murault, dépendait de MetlochHermitage de saint Maur à Flabas

Oratoire primitif de Saint Blaise, à romagne

Eglise matriculaire : Chaumont

Chapelle : château de Murault et du Mont Urbel

B. Patrons et Eglise :

Saint Blaise, Saint Pierre et Saint Paul Epoque d'érection : la première église existait avant 1046 Eglise de 1863 : romano ogivale.

L'église Saint Pierre a été reconstruite en 1927 sur les base celle qui datait de 1754 pour le clocher, 1783 pour la nef et 1878 pour le chœur.

C. Curés :

- 1675 : F. Rolet

- 1676 : F. Haumont- 1700 : N. Gode

- 1704 : J. Périn- 1764 : Tourneau

(curé distingué : panégyrique dans l'acte de décès " " mérite solide sous des formes aimables, vertu religieuse sous une tolérance évangélique. Il mourut à Romagne le 1è août 1775 et fut inhumé devant la porte du clocher, en présence de tout le clergé du décannat de Chaumont et en présence de M. Rouyer, lieutenant général au baillage du clermontois.

- 1776 : N. Hub. Gouget (né en 1728, curé de Romagne sous les Côtes en 1775. Arrêté en 1793 puis déporté dans le quatrième convoi pour Rochefort. Mort sur les pontons le 24 septembre 1794°(affreuses tortures)

- 1791 : N. Parisot , curé constitutionnel

- 1863 : M. Labainville

- 1881 : Jules Henry

- 1896 : Hance

- 1902-1913 : Michel Auguste leclerc. Quittant Romagne pour Rupt en Woëvre, il va faire face aux retombées des combats des Eparges et de la Calonne. Il a assisté nombre de poilus et a enterré dans les cimetières militaires de Mouilly et de Rupt (seul subsistant) pays du célèbre canon de 155. Médaille de la Reconnaissance française.

- 1913-1919 : Edmond Petit

D. Cloches :

Les deux anciennes cloches furent baptisées le 28 octobre 1726 :

l'une nommée Barbe, fut levée par le major d'Haumont avec Barbe Mariez, dame d'Anglemont autre, nommée Anne, fut levée par M. G. Mariez, greffier en chef du baillage de Verdun, avec Anne Lagarde, dame de Vissec de latude de Murault

4. Monuments et curiosités :

A. La côte de Morimont :

La côte de Morimont fut plantée en Pin noir d'Autriche (15,20 ha) et hêtre (5ha) en 1978. Elle culmine à 361m. C'est une butte témoin remarquable qui doit être considérée, de par sa topographie (vestiges de camp romain et de blockhaus de la guerre 1914-1918) et sa situation géographique, autant que par la richesse de son milieu (pelouse calcaire) comme un : lieu à protéger et à entretenir. La côte de Morimont et les buttes avoisinantes sont actuellement classées en ZNIEFF.

B. La belle Croix :

L'abbé Charles François Haussaire, originaire de Romagne sous les Côtes fut d'abord vicaire de Merles de 1762 à 1770, puis de Villers les Mangiennes de 1770 à 75, curé d'Herméville jusqu'en 1791.C'est avant la révolution qu'il avait fait ériger la croix à l'endroit même où il avait échappé à une attaque de nuit par des brigands alors qu'il revenait à pieds à Villers les Mangiennes ayant rendu visite à sa famille de Romagne. Peut être était ce la bande des Duchêne qui a terrorisé la région de Damvillers avant la Révolution.

Emigré en Bavière, il revint exercer à Merles, ne pouvant rentrer dans la localité agitée d'Herméville. Il fut caché par ses parents à Merles et il y exerça en secret :des actes sont signés par lui de 1801 à 1803.

Il est mort à Marville en 1818 où on l'appelait Monsieur le Doyen, titre du temps du doyenné de Pareid. Sa famille avait encore son portrait en 1888, mais en 1900 il n'y avait plus de trace de son épitaphe. L'inscription initiale de la belle croix était détruite en 1910.La croix de reconnaissance que sa famille, ses frères en particulier, avaient fait ériger, fut renversée pendant la Révolution en 1793. Elle fut rétablie en 1816, restaurée en 1879 par les soins de ses frères.

En 1916-1917, elle fut détruite par les obus français ou américains durant la guerre. Enfin remplacée par une croix en fonte en 1995.

Lettre d'un descendant :

Michel Le Bras

43, av Chateaubriand

44250 Saint Brevin les Pins

Tél : 02 40 27 44 09

Elle fut érigée entre 1762 et 1775 par jean Haussaire et par sa femme Barbe Perin, propriétaires à Romagne.

(Pouillé A114/4 page 274)

L'inscription initiale était la suivante :" Cette croix fut érigée par Jean Haussaire et Barbe Perin, sa femme, fut renversée en 1793, rétablie en 1816 par Charles François Haussaire, curé et doyen d'Hermeville, restaurée en 1879 par Charles François Haussaire et ses frères. " En fait de frères il s'agissait des petits neveux.

C. Le calvaire :

23 août 1997 : restauration du calvaire près du cimetière. Famille Hemard à l'origine du calvaire. Erigé vers 1850, détérioré en 191461918. Première restauration en 1919, deuxième en 1997.

D. La croix des Oliviers :

Erigée vers 1865 par la famille Gille sur un terrain que Jean Charles Gille avait prévu de donner à la commune. Le descendant en a fait cadeau à la commune. Restaurée le 23 août 1998. Croix en inox, initialement en bois. Terrain donné par Jean-Charles Gille.

Il existe une photo allemande de la croix prise pendant l'hiver 1916 avec vue en contrebas sur la boulangerie industrielle. Nouvelle croix fabriquée par Joseph Pelosi, remise en place par André Chollet, Michel Chollet, Olivier Gillardin, Pierre Lenhard, Xavier Richard.

Une délégation de jeunes allemands venus de Limburg-Weilburg a participé à la cérémonie et offert un banc en bois à cette occasion, en signe d'amitié et de réconciliation.

Jean-Charles Gille MAISANI :

un personnage éminent de Romagne

Publia dans " La graphologie " Mort à Québec le 29
janvier 1990.

Né en 1924 à Trèves où son père, officier supérieur de souche lorraine, était en garnison. Il apprit l'allemand dès sa petite enfance. Il apprit ensuite l'anglais, l'italien, l'espagnol, le russe et le polonais, sans oublier le latin et le grec ancien.

Entre à polytechnique en 1943. A sa sortie, après une année de spécialisation à l'école nationale supérieure de l'aéronautique à Paris, il séjourna deux ans à harvard où il obtint le titre de " Master of arts " dans la discipline nouvelle de l'automatisme. De retour en France en 1948, il entra au service technique aéronautique, dans la section des engins et objets spéciaux. Il obtint aussi son brevet de pilote.

Vers 1953, il commença ses études de médecine et obtint son doctorat en 1960, avec une spécialisation en psychiatrie et en psychologie. Simultanément, il fut directeur des Etudes à l'ENS de l'Aéronautique et créa alors le CERA (centre d'etude et de recherche en automatique) centre qui se développa rapidement, atteignant dès 1965, 70 à 80 personnes.

En 1966, il quitta définitivement la France pour le Canada où il se rendait depuis longtemps comme professeur visiteur. Il occupa jusqu'à sa mort le poste de professeur d'automatique à l'université laval de Québec. Docteur honoris causa de l'école polytechnique de Silésie, membre de l'académie des sciences de Pologne. Multiples articles et ouvrages.





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