Quel espoir pour retrouver une filiation naturelle ?
marchaldesalm, lundi 22 avril 2013 - 08:08:00
Quel espoir pour retrouver une filiation naturelle ?
Existe-t-il un moyen de retrouver le père d'un enfant naturel ?
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Pour celui qui a été confronté au vide laissé par l'ascendance du père inconnu d'un enfant illégitime, il existe quelques pistes à explorer, pour la période antérieure à la révolution.
Les matrones jurées étaient nommées de la sorte car après avoir été élues par l'assemblée des femmes elles prêtaient serment entre les mains du curé. Elles promettaient de faire tout leur possible pour aider au bon déroulement de l'accouchement. Mais encore elles étaient instruites sur la manière d'administrer le baptême sous forme privée en cas de danger de mort de l'enfant, l'ondoiement. Elles avaient un autre rôle, souvent méconnu, elles devaient faire avouer à la mère, dans les douleurs de l'enfantement, le nom du père quand il s'agissait d'une naissance hors mariage.
En Lorraine, on ne trouve que rarement la mention de ces aveux dans l'acte de baptême. Il existe cependant des déclarations consignées dans les registres de filles ou veuves enceintes. Mais il y a un moyen bien souvent négligé sans doute parce qu'il n'est qu'épisodique. Dans le notariat, avec les contrats de mariage, testaments, partages, ventes, acquisitions et échanges, il existe des transaction passées entre le séducteur et la jeune fille ou les parents de celle-ci.
J'ai ainsi découvert dans la région de Lunéville un accord passé entre le père d'une demoiselle enceinte des oeuvres du curé d'un village voisin, ce qui était une espèce de reconnaissance.
En Alsace, dans les registres catholiques, on trouve presque systématiquement la déclaration de l'aveu du nom du père dans les actes de baptêmes. Chez les protestants luthériens le pasteur semble avoir passé une partie de son ministère à contrôler que les jeunes filles qui se mariaient ne donnaient pas naissance trop vite au fruit d'amours qui auraient été antérieures. Au besoin il rectifiait a posteriori l'acte de mariage en supprimant l'indication "jeune fille".
J'ai une ancêtre née hors mariage à Barr (67) et baptisée le 22 mars 1674, l'acte précise qu'elle est illégitime, mais lui attribue le nom de son père qui est désigné. Le pasteur, se voulant gardien de la morale de son troupeau ajoute ce commentaire après l'indication des parrain et marraines : la mère de l'entant est une fille mal élevée et perdue qui a fréquenté plusieurs hommes de cette ville et d'autres lieux, mais qui a constamment indiqué que le père de l'enfant est Paul KIEFFER ; ils ont été présentés tous les deux devant les conseillers d'église qui les ont grondés très sévèrement et incités à la repentance.
Toute sa parenté proche a droit a des commentaires aussi peu amènes. Mais en élargissant mes recherches, j'ai constaté que presque tous les paroissiens étaient gratifiés d'observations similaires.
Eric Marchal de Salm
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